Rares sont les oiseaux aussi mythiques et méconnus que la chouette masquée dorée, une magnifique et minuscule chouette du genre Tyto endémique de l'île de Nouvelle-Bretagne, elle-même une petite île sous-explorée située au large de la côte est de la Nouvelle-Guinée.
Jusqu'à très récemment, cette espèce n'était connue que par deux spécimens et une seule observation. Cependant, un événement exceptionnel s'est produit dans les semaines précédant nos circuits en Nouvelle-Bretagne en 2015. Alors qu'il guidait un groupe de touristes japonais sur l'île, Joseph, le guide local basé au Walindi Resort sur la côte est, les emmenait observer les lucioles dans les plantations de palmiers à huile voisines lorsqu'une petite chouette dorée apparut dans la lumière de sa lampe torche. Il la reconnut immédiatement, car il avait trouvé un spécimen mort de cette espèce sur le terrain du lodge deux ans auparavant. Absolument stupéfait par cette découverte, il retourna au lodge et en informa Shane, le gérant. Le lendemain soir, les deux hommes se rendirent sur place, munis d'une caméra vidéo. À leur grande surprise, ils retrouvèrent l'oiseau au même endroit et réussirent à filmer d'excellentes images de cette espèce rarissime. Enfin, la chouette masquée dorée, jusqu'alors inconnue, était répertoriée !
C'est avec une grande excitation et une vive impatience que nous sommes arrivés au lodge pour notre premier voyage en Nouvelle-Bretagne, durant la saison 2015 en Nouvelle-Guinée. Le premier soir, nous avons discuté avec Joseph et élaboré un plan pour tenter de trouver cette espèce mythique. Le lendemain soir, nous avons quitté le confort de notre magnifique lodge pour partir à la recherche du Hibou masqué doré. Nous avons emprunté la route où Joseph et Shane l'avaient aperçu et avons scruté toutes les autres routes des environs, en vain. Un peu déçus, mais pas le moins du monde surpris, nous sommes rentrés au lodge bredouilles. Le troisième soir, nous sommes repartis, mais cette fois, nous venions à peine de quitter le lodge et de parcourir deux cents mètres sur un chemin de gravier, une route de récolte de palmiers à huile, lorsque Joseph nous a rappelé que c'était là que lui et Shane avaient filmé le hibou quelques semaines auparavant. À peine avait-il fini sa phrase que nos phares éclairèrent un objet perché sur une souche basse au bord de la route, en plein milieu d'une immense plantation de palmiers à huile ! Incroyable ! Le cœur battant la chamade, nous réalisâmes qu'il s'agissait bel et bien d'une chouette masquée dorée ! L'excitation nous paralysait. J'y jetai un coup d'œil rapide et attrapai mon appareil photo pour tenter d'immortaliser la scène. Je pris quelques clichés médiocres, mais nous approchâmes petit à petit jusqu'à être tout près. La chouette se laissa faire et nous bénéficions d'une vue encore plus dégagée. Je réussis à prendre quelques photos correctes, dont celle de cet article. Au comble du bonheur, nous retournâmes au lodge, ravis de cette rencontre fortuite !
Pour notre dernière nuit sur l'île, nous avons tenté une ultime approche et, à notre grande surprise, l'oiseau était là, perché sur un poteau similaire, au même endroit que la veille. Nous avons pu l'observer de nouveau magnifiquement avant qu'il ne s'envole vers la plantation voisine. Un rapide coup d'œil sur un autre sentier à proximité nous a permis de le retrouver et de profiter une dernière fois de ce magnifique oiseau, une espèce extrêmement rare. Nous avons ensuite dit adieu à l'un des oiseaux les plus rares au monde, conscients d'avoir vécu un moment ornithologique exceptionnel, un souvenir que nous chérirons à jamais
(Malheureusement, nous n'avons pas pu observer la chouette lors de nos deuxième et troisième voyages en Nouvelle-Bretagne. On peut donc se demander : quand reverra-t-on la Chouette masquée dorée ? Son observation deviendra-t-elle un événement annuel, ou restera-t-elle une énigme, un « fantôme » invisible, pendant encore des décennies ? L'avenir nous le dira…)
par Glen Valentine