Observation des oiseaux pélagiques

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Observation des oiseaux pélagiques

L'idée d'observer les oiseaux pélagiques suscite en moi une excitation intense. Le mystère qui entoure l'immensité des mers bleues et la faune aviaire menacée qu'elles abritent est une source de joie immense lorsque j'ai l'occasion de vivre cette expérience.

Le mot « pélagique » vient du grec et signifie « haute mer », et c'est exactement ce que c'est : des vagues infinies qui déferlent sans cesse sur l'océan. Il nous reste encore beaucoup à apprendre sur ce milieu non terrestre, mais une chose est sûre : nous devons protéger sa faune, de plus en plus menacée.

Divers instituts ont mené des recherches remarquables et ont permis de recueillir des informations essentielles pour la protection de ces espèces nomades et agiles oiseaux marins. On peut citer en exemple la réduction spectaculaire de la mortalité des oiseaux due aux navires de pêche, grâce à la mise en œuvre de différentes techniques visant à empêcher les oiseaux marins de se prendre dans les hameçons. L'une de ces techniques, appelée « ligne d'effarouchement des oiseaux », consiste en une ligne supplémentaire à laquelle sont attachés des rubans, remorquée par le bateau, dissuadant ainsi les oiseaux de s'approcher des poissons qui pourraient être pris à l'hameçon. Autre exemple : l'éradication de certaines espèces introduites et envahissantes, comme la souris domestique, sur l'île Marion, au large des côtes sud-africaines, où se reproduisent de nombreux oiseaux pélagiques. Introduites accidentellement, ces souris se sont mises à s'attaquer aux jeunes oiseaux marins, provoquant de nombreuses mortalités et nuisant gravement à la population d'oiseaux marins. Ces importants efforts de conservation ont permis d'observer une tendance à la croissance positive pour de nombreuses espèces.

Albatros errant de Dušan Brinkhuizen

Le fait que ces oiseaux ne soient généralement observés sur la terre ferme, sauf lors d'expéditions sur leurs aires de reproduction, souvent situées sur des îles isolées, les rend d'autant plus fascinants. Les vastes océans bleus, que nous explorons rarement, constituent leurs zones d'alimentation, et pour l'ornithologue amateur, les occasions de s'y aventurer sont rares. Certaines espèces présentent une biologie véritablement spectaculaire. Par exemple, l'Albatros hurleur possède la plus grande envergure de tous les oiseaux vivants au monde. Elle atteint une longueur phénoménale de 3,5 mètres ! Observer cet oiseau planer, rasant la surface des vagues de ses longues ailes, est un spectacle inoubliable. Autre exemple : la Sterne fuligineuse, qui, après avoir pris son envol, ne touche pas terre avant d'atteindre la maturité sexuelle (jusqu'à 7 ans), âge auquel elle vient se reproduire à terre.

De nombreuses excursions d'observation d'oiseaux pélagiques, accessibles à la journée, offrent des expériences parmi les plus passionnantes au monde. Ces sorties se déroulent généralement au large des côtes, où les eaux riches en nutriments abondent. L'Australie, la Nouvelle-Zélande, la côte ouest des États-Unis et la pointe sud de l'Afrique du Sud figurent parmi les destinations les plus fructueuses. Une expédition plus longue en Antarctique représente sans conteste l'expérience ultime en mer et constituerait un moment fort pour tout ornithologue amateur .

Sterne fuligineuse par Adam Riley

Les ornithologues amateurs ayant effectué de nombreuses sorties en mer vous diront souvent que c'est de loin la forme d'observation des oiseaux la plus passionnante. Le spectacle de milliers d'oiseaux marins tournoyant autour de votre bateau, à la recherche de restes de nourriture, restera sans aucun doute gravé dans votre mémoire. Le fait que ces oiseaux parcourent ces eaux infinies rend l'expérience encore plus palpitante, car on ne sait jamais à quoi s'attendre !

L'excitation est palpable et captivante. Allez-y et découvrez-le par vous-même !